5. Désintéressement et légitimité du scrutin
Qu'en serait-il si un grand nombre de votants se désintéressent de la démarche de vérification ?
Je
pense que ce problème pourrait être traité avec l'introduction de la
notion de "vote vérifié" (par le votant). Ceux des votants ayant
constaté la présence de leur code personnel dans les résultats
cocheraient une case "je valide mon vote". Il faudrait qu'une partie du
code de suivi qui n'est connue que par lui-même soit saisie pour
confirmer le vote (code à 4 chiffres comme au dos des cartes de crédit).
Lorsque vous êtes sur la page des résultats, après avoir retrouvé votre
code personnel, une fenêtre vous propose de saisir ces 4 chiffres puis
de valider. Nous nous retrouvons donc avec un tableau de résultats dont
un certain pourcentage est "confirmé" par les votants eux mêmes.
Ce pourcentage constituerait un indicateur supplémentaire de fiabilité du scrutin ("taux de vérification").
On
pourrait imaginer que ce "taux de vérification" serait moindre pour les
scrutins peu importants ou pour de simples sondages, et plus élevés pour les
scrutins à forts enjeux, comme par exemple pour des élections de
personnel exécutif, ou pour des objets plus disputés.
Un vote après le vote en quelque sorte, qui exprime votre satisfaction d'avoir pu observer la prise en compte de votre voix..
Exemple : Un vote pour des travaux sur un pont ayant 65% d'avis favorables mais un taux de vérification de 25% signifierait que seulement un quart des votants toutes tendances confondues considère ce sujet comme étant d'importance.
On
pourrait selon ce principe considérer qu'un pourcentage de vérification
inférieur à un certain seuil, par exemple 10% rende la consultation
illégitime et entraînerait son annulation même si le vote semble lui même cohérent, simplement à cause du faible intérêt pour l'auto-contrôle des suffrages.
Pour des élections
présidentielles au contraire, le taux de vérification atteindrait
sans doute un haut pourcentage tant la volonté d'éloigner la
possibilité de fraude est forte. Si un président est élu avec 51% des
voix, et que le taux de vérification est de 95%, on pourra considérer
que cette élection aura été très fiable (95% reconnaissent que leur vote est
bien comptabilisé, 5% acceptant un risque d'erreur).
6. Blockchain
Je
ne suis pas sûr que ce que je nomme blockchain pour le vote suivi soit
vraiment équivalent au blockchain tel qu'utilisé sur le Bitcoin.
Le
protocole blockchain consiste à enregistrer l'historique des toutes les
transactions effectuées en Bitcoin et prend sa source à la première
transaction jamais réalisé en Bitcoin (2009). Toutes les
transactions sont depuis lors recopiées via Internet sur tous les
Bitcoin en circulation et rendues illisibles par cryptage.
C'est comme si votre
billet de 20 Euros pouvait parler et vous dire qu'avant que vous ne
l'ayez récupéré chez le boulanger il est passé par un garagiste à telle
date, et qu'il est resté précédemment sous un matelas pendant X années.
Toute
nouvelle transaction réalisée sur un Bitcoin est ajoutée à cette pile
de données et surtout recopiée sur l'ensemble des autres unités Bitcoin en
circulation, y compris ceux nouvellement créés.
Il n'y a donc pas
que votre billet de 20 euro qui contient l'information du matelas, mais
l'ensemble des billets de 20 Euros en circulation. Si il ne la contient
pas, comparativement à la masse des billets en circulation qui sont eux à 100% identiques, cela
signifie qu'il est faux.
Cette technique est rendue
possible par la dématérialisation des unités Bitcoin. Le Bitcoin n'étant
qu'un volume de données relié à Internet, toutes les transaction sont
recopiées également sur tous les Bitcoin via Internet (cela prend
d'ailleurs 2 à 3 jours
pour valider une transaction, le temps que l'information atteigne tous
les serveur informatiques de la planète hébergeant des Bitcoin).
Ce
traitement demande d'énormes ressources de calcul informatique (des
hangars entiers remplis de PC tournant H24), et c'est ce qui fait la
"valeur" ou "l'inviolabilité" de cette monnaie. Le coût que
représenterait le crackage d'un Bitcoin serait bien supérieur à sa
valeur intrinsèque.
Cette sécurité rend le Bitcoin à mon avis un
cran plus fiable qu'un billet papier qui peut être contrefait, et même
parfois passer inaperçu en étant simplement photocopié en couleur.
C'est du moins ce que j'ai compris du fonctionnement du Bitcoin, merci de me corriger si je me trompe :-)
Pour
le vote suivi il faudrait s'inspirer de ce principe de réplication des
archives de tous les votes depuis le premier vote émis après la
naissance du système, archive enregistrée ensuite à l'identique sur tous les ordinateurs personnels des citoyens.
Ainsi,
pour prendre le contrôle du "gouvernement" ou en altérer les lois
votées, il faudrait saisir tous les ordinateurs personnels, tous les
disques durs extractibles, téléphones portables voire cartes mémoires
des citoyens. sans parler du cloud qui est aussi un espace de stockage. Ainsi toute archive altérée qui serait intégrée dans le système serait automatiquement décelée et rejetée par
simple comparaison avec les 45 millions (le corps électoral) de copies
réputées identiques disséminées sur toute la France. Votre suffrage
exprimé l'année dernière est enregistré par tout le monde, du moins sous
la forme du code de suivi, quasi éternellement. Bien sûr la disparition de votre vieil ordinateur ne signifierait absolument rien pour l'intégrité de l'archive partagée, il suffirait de deux ordinateurs survivants dont l'archive est identique pour en dénoncer une troisième qui serait altérée.
7. Solutions de vote en ligne existantes
Je pense qu'il serait judicieux de faire table rase de toutes les solutions de vote électronique du marché car il n'existe tout
simplement rien de comparable à ce qui est débattu ici. Le système de
vote avec numéro de suivi n'existe à ma connaissance nulle part ailleurs
et son fonctionnement est fondamentalement différent des solutions de
vote en ligne existantes.
Je suis moi même webdesigner et j'ai déjà eu
en certaines occasions à réaliser des sondages en ligne pour des
clients. Le mécanisme est enfantin. Les votes collectés suite à l'action
sur le bouton "envoi" sont comptabilisés dans les colonnes d'une base de
données, un simple fichier façon feuille Excel mis en ligne sur un serveur dont
l'accès est protégés par mot de passe. Dans le cas des sondages en ligne instantanés, Une fonction automatique se charge de présenter ces données collectées sous la forme
graphique de camembert, de colonne, etc. Si vous avez le mot de passe
de la base de données vous inscrivez toutes les valeurs que vous
souhaitez, aussi facilement que dans une feuille Excel sur votre
ordinateur personnel. Si ce que l'on nomme système de vote par Internet fonctionne selon le même principe et malgré la puissance du cryptage mise en oeuvre c'est à fuir absolument.
8 Ergonomie des Interfaces de vote et de résultats
Il
semble évident que la meilleure option pour la présentation des
interfaces graphiques serait de s'inspirer des plateformes qui ont fait leurs preuves en popularité. Même si ce ne sont pas eux mêmes des systèmes de vote avec
suivi, les boutons et la présentation seraient similaires.
Facebook avec son "like" si facile d'utilisation est déjà une forme de
vote en ligne, il en est de même avec Youtube et son "Pouce haut/Pouce
bas" pour noter les vidéos. Il faut imaginer (faites l'expérience)
le remplacement des Pouce haut/Pouce bas par Oui, Non, Blanc et Abs). https://www.youtube.com
Ebay
et son système de notation des vendeurs/acheteurs est une bonne base
d'inspiration pour un système d'évaluation du personnel exécutif et
administratif, en allant pourquoi pas jusqu'à la révocation. Imaginons
le scandale d'un comptable parti avec la caisse, dessous de table,
mensonge public.
Le site de la démocratie participative serait
assailli de citoyens mécontents attribuant une note de 0 étoiles et
vérifiant illico grâce au numéro de suivi que leur colère a bien été
prise en compte. Bien plus fiable que n'importe quel sondage des médias sorti d'on
ne sait quel institut et dont on ne connait ni les méthodes ni la
déontologie effective.
Rien de tel n'existe actuellement ni
dans notre gouvernement et nulle part ailleurs il me semble. En conséquence, les mêmes têtes
reviennent une fois le sondage d'opinion oublié.
Comme les résultats des votes en ligne sont pérennes et fiabilisés par blockchain, on peut en extraire les données permettant de retracer une courbe d'appréciation pour chaque personnel tour au long de sa période d'activité.
J'aurais tendance à faire
confiance au peuple dans son ensemble pour bien noter ses employés, révoquer les
incapables et nuisibles pour finalement, par une sorte de "sélection naturelle" mettre aux commandes de l'exécutif les plus irréprochables.